Joseph de la Tremblay

6 avril 2016

Religion

 

Ci gît au cœur de cette Eglise,
sa petite Eminence grise,
Et, quant au Seigneur il plaira,
Son éminence rouge gira!

François Leclerc du Tremblay, père Joseph, (1577-18 décembre 1638 à Rueil), fondateur de calvairiennes, écrira la Turciade

Il fut le fils aîné de Jean Leclerc du Tremblay, président de la Chambre de requêtes du Parlement de Paris et de Marie Motier de Lafayette. Il reçut une éducation classique très soignée et en 1595, fit un en Italie dont il revint pour embrasser la carrière des armes. Il servit lors du siège d’Amiens en 1597 puis accompagna une ambassade extraordinaire à Londres.

En 1599, Mr de La Tremblay renonça aux vanités du monde et entra chez les religieux capucins d’Orléans. Il se voua au sacerdoce avec une piété exemplaire et devint un prédicateur et réformateur de renom. En 1606, il assista Antoinette d’Orléans, une religieuse, de Fontevraud pour l’ordre des Filles du Calvaire, et il écrivit un manuel de piété à leur intention. Son ardeur, ses voyages, et ses longues journées de prière le poussèrent à envoyer des missionnaires en pays huguenot afin de les arracher à leur hérésie.

Il entra en politique à la Conférence de Loudun (1619) : soutenu par la reine et par le légat du Saint-Père, il s’opposa au gallicanisme qui avait la faveur de la noblesse, et il réussit à les convaincre d’abandonner les tendances schismatiques du gallicanisme. En 1612 commencèrent les bonnes relations personnelles, qui se changèrent en opposition par les préceptes de sa foi et devait la continuer à regret étant sous ses ordres.
Grâce à son vaste réseau de moines capucins, il crée un service de renseignements. Les moines devenus agents de renseignements lui permettent en effet d’avoir en permanence des informations confidentielles en provenance des différentes zones de conflits.

De 1617 à 1625, il compose La Turciade, une épopée en quatre mille six cent trente-sept vers latins, qui sera imprimée en deux exemplaires.

En 1627, le moine capucin fait réaliser siège de la Rochelle. La France fut alors, en sous main par Richelieu, sinon entrée dans la guerre de Trente Ans, du moins dans une politique active de soutien aux ennemis (protestants) de l’empereur (catholique) Ferdinand II. Cette alliance qui semblait contradictoire avec la ligne politique suivie à l’intérieur du royaume de France avait évidemment un fondement politique (la lutte contre la Maison d’Autriche). Il rêvait en fait d’une Europe qui se serait unie dans une nouvelle Croisade contre les Turcs. A contrario de Richelieu qui considérait que les Habsbourg étaient l’obstacle qui empêchait cette paix pan-européenne qui rendrait cette union possible. Dès lors, Richelieu intrigua à la diète de Ratisbonne en 1630 contre les entreprises de l’Empereur, fit en sorte de provoquer l’intervention de la Suède, se réconciliant avec les parties protestantes afin, pour ainsi dire, de mettre le mal au service du bien. Le Père Joseph fut, dans l’ombre, le principal opposant du traité de Westphalie.

Ainsi ce moine austère,tout en gardant la rigueur de sa vie personnelle, se consacra à la diplomatie et à la politique. Lié avec la famille de Marillac, exécutée par la cour, il s’oppose avec le cardinal de Bérulle, Saint Vincent de Paul et le Cardinal de Fleury, a la politique larvaire de Richelieu, après la « Journée des Dupes » de 1630. Richelieu fera raser des dizaines de châteaux en France sous le geste royal.

Il subit une première attaque cérébrale au printemps 1638 et mourut en quelques jours d’une seconde attaque en décembre suivant. Au Cardinal, qui venait lui dire « Brissac est prise » sur son lit de mort, il répondra « Rendre compte, rendre compte, rendre compte ».

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